Cinéma : Mr Nobody

Cinéma : Mr Nobody


Feb 01 2010, 23:37 in Cinema

Avec "Mr Nobody" et neuf ans d'absence, Jaco Van Dormael (qui joue le chômeur brésilien) revient avec son brin de poésie et réussi à nous impressionner.

"Vertigineux", dit la Libre.

Lire cette critique ou ne pas la lire? De cette décision en découlera une multitude de conséquences. Tant qu'on ne choisi pas, tout reste possible.

C'est cette réflexion qui va nourrir l'hésitation dont est pris Nemo Nobody, un jeune garçon de neuf ans qui sait voir l'avenir, lorsqu'il doit choisir entre partir vivre avec sa mère ou avec son père. Je vous laisse le plaisir de déguster la morale et la réflexion que propose le film (les commentaires de l'article sont là pour les partager), tant elle peut paraitre complexe à première vue mais d'une beauté incomparable.

Laissons place ici à la critique.

Il est clair que Jaco Van Dormael, le réalisateur, n'atteins pas le niveau qu'il s'était forgé avec Toto le Héros et Le Huitième jour. "Mr Nobody" n'en reste pas moins un film épatant qui ne laissera pas indifférent. En effet la multitude de questions qui nous taraude l'esprit durant le générique de fin ne fait qu'alimenter notre engouement pour l'oeuvre.

Mis à part toutes les questions en rapport avec le scénario, certains se poseront sûrement la suivante : "comment se fait-il qu'on ai octroyé un si grand budget à un réalisateur belge qui n'a que deux films à succès dans son compteur ?".

Car il est vrai que les effets spéciaux et les techniques cinématographiques sont assez poussés, mais cependant pas toujours bien maîtrisés.

Dans ce que Jaco maîtrise par dessus tout, il y a le scénario et la structure du film, étroitement liés. Cette dernière peut paraître complexe et incompréhensible, mais au fur et à mesure que l'on avance et que le scénario se disperse et s'éparpille, on se rend compte en même temps que le réalisateur jongle parfaitement avec flash-back (ou flash-forward) et transferts de scènes pour en faire une structure logique et poétique à la fois.

Il sera peut-être nécessaire, et recommandé, de visionner le film plusieurs fois pour en saisir la pleine logique.

Mais Jaco maîtrise également ses personnages sur le bout des doigts, avec en premier plan Jared Leto qui incarne Nemo à 34 et 118 ans et en deuxième plan Diane Kruger (Inglourious Basterds) dans le rôle d'Anna adulte. Et bien sûr tous les autres : Nemo à 15 ans, Elise, Anna adolescente, Jeanne, le père, la mère de Nemo. Et encore une fois, Van Dormael jongle en maître entre tous ces personnages sur scène, créant de bons jeux d'acteurs et une poésie fabuleuse.

Chaque personnage et chaque cadrage (cette tendance à couper les portraits de Nemo vieux et de son docteur) ont cette capacité à nous "prendre" telle une œuvre d'art.

Jaco aura aussi cette tendance à insérer de nombreux symboles, clins d'œil dans son film, que je vous laisse le soin de trouver, analyser, interpréter afin de rendre notre réflexion et la morale encore plus profonde.

On notera dommage que Jaco se soit basé sur des hypothèses scientifiques infondées pour parvenir à finaliser son scénario. Peurs innées et inversement du temps sont au rendez-vous. Ouvrez-vous donc l'esprit et accueillez cela dans le contexte pour apprécier le spectacle.

"Mr Nobody" est une poésie filmée qui saura être appréciée à sa juste par les esprits ouverts et évasifs.

Parce qu'un coup de dé n'abolira jamais le hasard,

Myd

C'est un film sur le doute... mais je peux me tromper Jaco van Dormael


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