Cinema : La route

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Cinema : La route

C'est le grand et beau Viggo Mortensen (Aragorn du Seigneur des Anneaux) qui incarne le personnage du père dans La route, adaptation cinématographique du roman de Cormac McCarthy (No country for old men, adapté par les frères Coen) relatant l'odyssée sinistre d'un père et de son fils dans un monde éteint, auto-bouffé par la société de surconsommation.

C'est donc derrière un vieux caddie de supermarché, dernier symbole de ce monde perdu, que John Hillcoat place Viggo et Kodi Smit-McPhee (dans le rôle du fils) afin de nous présenter des paysages cendrés jalonnant un monde rongé par l'apocalypse mais transpercé par les quelques survivants qui tentent désespérément de repousser leurs dernières heures.

Véritablement bien retranscrit sur les écrans, Hillcoat fait résonner l'ambiance sombre de Mc Carthy à travers ses images et ses acteurs. The road tourne un peu en rond et n'a vraisemblablement pas de but, tant on ne comprend pas vers où le scénario veut en venir, exactement comme ces deux personnages, errant sans buts dans un monde esclave du néant. Une métaphore impressionnante épicée par le subtil de l'auteur.

Comme à son habitude, Mortensen prend son rôle à cœur et s'y investit à fond. Et ce à notre grand bonheur. Ce père et son fils, dans La route, seront presque tout le temps les seuls personnages du film. Seuls quelques rencontres avec des groupes de tueurs et flash-back présenteront d'autres personnages (telle la mère interprétée par Charlize Theron -Aeon flux, Hancock). D'où la nécessité de représenter la fusion paternelle que met en avant Mac Carthy, Viggo se devait d'être parfaitement imprégné par cette ambiance. Et il l'est.

Le réalisateur approfondit cette ambiance au cours du film à l'aide d'une musique simple au piano et de scènes tantôt planes et impressionnantes, tantôt vives, brusques, fortes et époustouflantes, qui rappellent un tant soit peu Je suis une légende.

Réelle critique de la société moderne, La route met en avant l'amour familial étouffé par leur monde détruit par la consommation, où les hommes sont victimes à un retour à une pensée primitive. Ce qui conduit les "méchants hommes" au cannibalisme et au suicide, deux dernières solutions permettant d'échapper au désastre qu'est ce monde chaotique régi par la chasse à l'homme.

Tout de même perplexe sur la fin que je trouve bâclée dans la rapidité,

Myd.

L'éternel est aussi bref qu'une vie peut l'être.

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